Expo Albert-Edgar Yersin du 14 nov. au 13 déc. |
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Albert-Edgar Yersin Né à Montreux en 1905, élevé dans la banlieue de New York puis à Santiago du Chili avant de rejoindre la grande école des artistes à Paris, il revient en Suisse juste avant la guerre, à Berne puis au bord du Lac Léman pour la plus grande partie de son existence ; il meurt à Lausanne le 3 septembre 1984. Ce parcours formidable le présente ainsi tel un homme sans frontières, ce qu’il fut sans doute dans sa vie comme dans son œuvre. Il faut préciser qu’il s’intéressait aux sciences comme à la poésie, lisant dans cinq langues (anglais, espagnol, français, allemand et italien). Il ne voyait pas de contradiction à lier l’abstraction et la figuration. Il aimait brouiller les échelles, reliant l’infiniment petit aux espaces infinis. Enfin, au niveau formel, il a réussi la belle prouesse de combiner un travail structuré et minutieux à une expression vive et ultra-dynamique. Dans ses quêtes passionnées, la montagne l’a profondément inspiré. Elle représente le lieu symbolique où tout paraît possible. Sa variété de formes semble infinie, sa verticalité hiératique fait la liaison entre les racines de la terre et celles du ciel, son apparence contient le ventre matriciel mais dessine aussi les contours du phallus, son espace peut en tout temps se transformer sous la violence d’une avalanche et montrer une harmonie nouvelle : en un mot, elle est douée de créativité ! C’est tout naturellement que, pour cette exposition de Yersin en terre valaisanne, la montagne sera mise en abîme. Une suite de gravures (le catalogue raisonné de l’œuvre gravé et lithographié en dénombre plus de quatre cent vingt), des dessins minutieux (sur les quelque mille qu’il a produits), un ouvrage monographique édité à la Dogana à la fin 2008 – A.-E. Yersin, une écriture arachnéenne* –, et une lithogravure inédite (elle vient de sortir de presse, grâce à un tirage parfait exécuté par Edmond Quinche, un ancien élève de Yersin au temps où ce dernier enseignait la taille-douce à l’école des Beaux- Arts de Lausanne dans les années soixante) rendront compte de l’œuvre extraordinaire de cet artiste singulier au château de Venthône. *Extrait de la préface, Florian Rodari : « Pour répondre à la richesse ainsi déversée sur son œil, Yersin s’efforcera, grâce à sa haute formation d’artisan du cuivre, d’ajouter aux tailles du répertoire traditionnel une panoplie de structures rares et complexes qui soient en mesure de capter et de restituer de manière convaincante des phénomènes jamais décrits auparavant en art : scissions atomiques, transparences, explosions de matières inconnues, irisations dues à un encrier chromatique complètement renouvelé, ébullitions, fusions, précipitations chimiques, et, surtout, grâce aux lentilles améliorées, explorations enthousiastes de l’infiniment petit ou de l’infiniment loin. » |





