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- Vous êtes ici : Zivo - Coeur Chardon du 25.02.2012 au 18.03.2012

Zivo - Coeur Chardon du 25.02.2012 au 18.03.2012

 

Rupestre et neuf: Zivo

Bicyclette brisée, ombres dans la rue, lettres éparses mêlées d'insectes, spectres, ânes et oiseaux, parapluie…l'univers de Zivo - Zivoslav Ivanovic - s'élabore autour d'êtres à peine esquissés, précaires, d'objets sons usage et sons prestige. La couture est préférée à la ligne, la tache de couleur à la touche. Rien n'y est univoque ou affirmé, tout est en suspens.

Zivo remplit des cornets d'esquisses, dans son antre- atelier, il en appelle ou rêve, aux visions. Il laisse libre cours à ses intuitions. On croit à la naïveté, alors que c'est la ruse, mois la bonne, celle de la survie avec les choses, le bricolage avec le quotidien, l'éternelle tenace capacité à intégrer le malheur, les tracas, dons une image vibrante ou absurde.

C'est un art d'enfonce, tout traversé d'images simples ou mythologiques. On y trouve le souci des grondes forces qui tiraillent l'humain vers le ciel (l'oiseau) et vers la terre (l'âne). On y trouve les vieilles images de l'enfonce, du pays perdu. De la guerre, entrevue, il reste horrifié.

C'est un dessin ténu, modeste, en apparence, mois très chargé de signes. Chargé de matières (la cire, la terre), taché, griffé. la toile n'imite pas la complétude parce que le monde est éclaté, elle refuse "imitation parce que tout est perçu par l'œil intérieur. Elle ignore l'académisme, les règles de l'art. Priorité aux songes, aux images. L'aquarelle, l'encre, le graffito ne se laissent pas prendre aux discours, ils se contentent de proposer des figures. Place est laissée à l'imagination du spectateur.

C'est avec les moins et les matières qu'il peint, dessine. On dirait un jeu très sérieux, un peu hanté. les toiles immenses qui pendent dans l'atelier, avec ces bonnets d'âne (celui que "école a cru bon de lui tendre), avec ces grands oiseaux, font penser à des dessins rupestres, à des graffitis romains, à des songes d'égaré.

La première fois que j'ai vu Zivo à l'œuvre, il avait à teindre et tordre d'immenses toiles de coton, elles sortaient d'un bain de teinture jaune, il les pressait pour leur foire des plis, des reliefs, comme a une peau très vieille, un cuir séché. Il peignait ensuite sur la couleur avec des cendres, de la terre. Il revenait aux premiers gestes, aux parures.

Bien que des débris de phrases soient déposés sur les dessins, Zivo hésite dons la parole, trop nette, pas assez suggestive. L'homme est très incarné, charpenté, ses gestes disent l'attention, la précision, le soin presque délicat.

Jérôme Meizoz
auteur de Fantômes
Lausanne, Editions d'en bas,
2010, 80 p. illustré par Zivo